Catalogue BnF

hautbearn aspe ossau

 

4ème de couverture :

Pour les marins, je suis un montagnard, pour ceux de la montagne un homme de l'eau. Pourtant je ne me sens ni d'une bande ni de l'autre. Il m'a fallu de longs mois avant de comprendre le message que je voulais partager. Les clichés s'étaient amoncelés sur le bureau. Je ne trouvais pas les mots, je n'arrivais pas à raconter ce qui était au fond de moi. Pudeur ? Peur de me tromper ? Les pages restaient blanches comme la neige, les couleurs que je voulais faire glisser dessus n'arrivaient pas à s'exprimer en longues courbes. Ce fut un regard, celui de la mer, qui déclencha tout. La mer m'inspira la montagne. Si les paradoxes font la vie, alors je les remercie de m'avoir aidé à faire de ces lignes une longue descente où je me suis immergé, dans ce jour qui dure un an.

 

Extrait du livre :

C’était un petit matin, un de ces moments où la nuit n’est pas encore partie, le jour pas encore arrivé, un de ces moments magiques où le ciel semble faire l’amour à la terre. J’eus l’impression qu’on grattait à la porte de ma chambre. Mes yeux s’ouvrirent dans l’obscurité. Il faisait bon sous ma couette. Mon esprit s’envola dans un doux songe.

Le froid me saisit devant la porte, il fallut quelques instants avant que l’air glacé ne me remplisse. Je soufflai dans mes mains pour les préserver de l’engourdissement, geste vain et inutile mais qui préparait mon corps à la tâche de la journée.

Plusieurs chemins s’ouvraient à moi, droite, gauche, devant, derrière la maison. Il me sembla entendre un jappement dans la forêt. Je fis quelques pas avant de me rendre compte que je quittais les sentiers des hommes. Désormais, je traçais ma propre route selon l’inspiration de mon être. Sous la futaie, je vis un étrange animal. Un elfe, un lutin, un esprit des bois ? Mon imagination ne savait que choisir, j’avais envie de le caresser. Dans un creux, ce fut un éphémère dont je croisais le regard. Son corps de glace avec un coeur de feuilles reposait tranquillement. Bientôt il disparaîtrait sans laisser de trace. Je ris en pensant qu’aucun humain ne croiserait plus son oeil malicieux...