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La Voie de Malte est le second volet de la trilogie "Synchronicités" narrant les voyages de Jean Capdevielle :

  1. Découverte : "Le Kayak-Postal", des Pyrénées à Paris,
  2. Compréhension : "La Voie de Malte", de Carcassonne à La Valette,
  3. Acceptation : "Compostelle, la Terre et l'Eau", du Puy-en-Velay à Saint Jacques de Compostelle.

 

4ème de couverture :

Un kayakiste solitaire nous entraine dans son sillage...

« Près de l’île de Frioul après tout juste trois heures de navigation, j’essuie mon premier orage en mer, alors que le ciel était bleu quelques instants auparavant. Quatre coups de tonnerre, quatre rayons de foudre qui éclatent. Un à l’Ouest, un au Sud, un au Nord et un à l’Est. Je vois les rayons qui frappent l’eau un à un. Je pourrais presque les toucher, ils sont proches, trop proches. Je les sens dans mon corps. Les coups de tonnerre sont assourdissants et me pèsent. Mes cheveux se dressent sur ma tête, défaisant ma permanente. C’est mon calme qui n’est plus permanent. Pourtant le ciel était bleu dix minutes auparavant. Je me réfugie sur l’île mais c’est déjà fini, tout est redevenu paisible sauf moi. Je tremble de peur, j’ai froid. »

 

Extrait du livre :

Comment part-on en voyage ? C’est toujours une question que je me pose. En fait, il n’y a pas de règle, juste une envie, une idée, un rêve qui fait son chemin avant de devenir réalité. Tout a commencé par l’appel d’amis qui insistaient pour que j’aille leur rendre visite.
Malte, l’île de Malte en plein coeur de la Méditerranée. Je n’en connaissais que le nom associé à l’histoire des croisades, des templiers et de ses chevaliers. J’étais sans le sou après l’aventure du Kayak-Postal, un peu perdu, et ne pouvais m’y rendre en avion. Les mots sont venus tout seuls : « d’accord je viens vous voir, mais en kayak. »
Deux mois de bateau plutôt que deux heures d’avion, étrange idée, mais pourquoi pas après tout ?

....

Après seulement une demi-journée en autonomie, je suis tremblotant sur une île, pensant abandonner, me demandant si je ne suis pas en train de faire une grosse erreur en entamant cette aventure. Ce qui était simple est compliqué et je suis obligé d’adapter mon fonctionnement, mes attitudes, d’heure en heure, avec des éléments contraignants et surtout inattendus.

Un goéland d’une variété que je ne connais pas se pose à côté et passe entre le kayak et moi. Il reste tout près plusieurs minutes, claudiquant, paraissant ivre, lissant ses plumes hirsutes, s’ébrouant. On dirait qu’il a sauté sur un pétard mouillé au moment de l’explosion. Il est là comme pour me dire que lui aussi a été pris dans l’orage et que ce n’est pas bien grave !

Je lui parle, bien sûr il ne répond pas, mais semble attentif. Son comportement est bien étrange, et finalement il s’en va en claudiquant derrière les rochers. Son bec noir, ses pattes roses et ses plumes tachetées me manquent déjà. Sa présence m’a rassuré.

Pour retrouver ma quiétude, je me prépare à manger. Le réchaud chante, de l’eau bout, je suis debout. Au fond, ce n’est pas parce que j’ai pris quelques baffes que tout se passera mal. Je vais devoir être plus vigilant et faire évoluer mon comportement pour réussir à m’adapter. En tout cas, si les dieux existent, ils doivent bien rigoler. Je reprends mon chemin, celui qui n’est pas tracé devant moi et qui disparaît derrière moi.

 

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